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En passant par le siècle (3) 27 novembre, 2011

Posté par walterlewino dans : Histoire,POESIE-LITTERATURE , ajouter un commentaire

(suite du 26 novembre)

sergent Caillaux astucieux petit…. Parigot qui s’était maqué avec une Française, Jacqueline me semble-t-il, réfugiée à Londres, décida de lui faire profiter clandestinement du voyage.

A l’aube du matin prévu pour notre retour tant attendu sur le sol français, il la planqua dans l’extrême queue de son Boston, une place repérable de son seul poste de mitrailleur. Il lui recommanda de ne pas bouger jusqu’à ce qu’une fois l’atterrissage il puisse venir la récupérer. Un gros paquet de biscuits et quelques bouteilles de bière devant lui permettre de prendre son mal en patience.  Il peut enfin regagner son gourbi comme si de rien n’était, je devais être un des rares dans la confidence.

Deux heures plus tard, rendez-vous rituel dans la salle du briefing où nous prenons connaissance du plan de vol. Et là, surprise des surprises, on apprend que les grosses têtes de la Tactical Air Force, ayant de nouveau lâché la bride à leur démoniaque imagination, avaient décidé que non seulement nous allions retrouver notre chère patrie mais que nous en profiterions pour effectuer un symbolique bombardement du côté de la Ruhr en même temps.

Voilà qui changeait tout, au lieu d’un petit vol pépère, d’une heure environ, à 1 000 mètres d’altitude et par 10 degrés centigrades, nous étions partis pour une mission de 4 heures à 3 000 mètres et par moins 10. Panique à bord. Trop tard pour revenir en arrière. Caillaux parvient toutefois à récupérer une couverture et un parachute supplémentaire qu’il fourgue à sa belle Jacqueline sans lui fournir la moindre explication. Ce qui valait mieux, car une fois le bombardement accompli sans perte pour nous malgré une DCA démentielle, nouveau coup de théâtre : une épaisse brume couvre le terrain de Vitry-en-Artois qui nous est destiné, empêchant tout atterrissage, et ordre nous est donné de regagner notre base de départ en Angleterre.

Pauvre Jacqueline à qui Caillaux, une fois posés, se garda bien de relater l’aventure ; pauvre Jacqueline, à demi frigorifiée, qui ne comprit pas pourquoi le voyage avait pris tant de temps ni pourquoi un moment des éclairs de tonnerre avait envahi le ciel entraînant chaque fois des sursauts de l’appareil ; pauvre Jacqueline qui, une fois que le silence se fut fait sur le tarmac, put jeter une coup d’œil à l’extérieur et constater qu’après plusieurs heures de vol elle était revenue exactement à la même place, à quelques décimètres près.

Mais, gloire à cette Jacqueline anonyme, qui fut sans doute la seule femme à accomplir une mission de bombardement pendant la guerre et qui, de plus, ne s’en rendit pas compte, ce qui ajoute un peu de sel à sa mésaventure.

 

 

—  III —

Je suis d’un tempérament plutôt casanier. J’ai rarement quitté la France pendant le dernier demi-siècle : deux ou trois sauts de puce à Londres et à Salisbury et autant de petits séjours en Australie, alors que toute ma guerre se déroula en avion ou sur un bateau. Débarqué à Londres au cours de ma dix-septième année en attendant d’avoir atteint dix-huit ans, âge légal pour s’engager dans l’armée, j’en ai profité pour tâter un peu de la marine, de la marine marchande qui en ces durs temps embauchait à partir de seize ans. Cela m’a conduit à participer à deux allers et retours, Bristol-Halifax (Canada) et Bristol-Curaçao (Venezuela), généralement sur une mer polaire et déchaînée, pendant la Bataille de l’Atlantique Nord. Nous voguions de conserve dans un convoi protégé des U boats par des corvettes de la Royal Navy. À l’époque la United States Navy n’était pas encore opérationnelle. Il évident que Pearl Harbour eut lieu à l’époque d’un de ces voyages. En tout cas je n’en ai conservé aucun souvenir. Peut-être ne l’a-t-on même pas su à bord. On s’en tapait un peu de ces histoires de la marine américaine, et de toute façon cela se passait dans le Pacifique qui n’était pas notre mer. Il était peu probable que les Zéros japonais puissent nous menacer, ici, à plus de 5000 miles marins. La guerre est une grande école des petits égoïsmes.

Les voyages aller qui duraient près d’un mois posaient moins de problèmes que les retours car nous partions les cuves vides qui pouvaient à la rigueur servir de flotteurs en cas de naufrage, alors qu’au retour elles étaient remplies à ras bord d’essence 98 octanes.

J’ai connu la bataille de l’Atlantique Nord à la manière du petit Del Dongo  à Waterloo, mais d’un Del Dongo peu soucieux d’héroïsme, s’évertuant à lutter contre …..

(suite demain)

En passant par le siècle (2) 26 novembre, 2011

Posté par walterlewino dans : POESIE-LITTERATURE , 2 commentaires

 

(Suite du 25 nov)

Au cours d’une de ces missions bidons mon copain Cocogne ne trouva pas la France. Je dis bien : ne trouva pas….. la France. Il devait me succéder pour patrouiller pendant une heure sur un secteur compris entre Laval, Flers et Dreux. Surprise à mon retour. Alors que je débarque au mess pour déguster l’œuf sur le plat, une rareté à l’époque en Angleterre, offert aux glorieux aviateurs à leur retour de mission, une orange au départ, un œuf au retour, tel était le tarif, enfin bref, je tombe sur mon ami Cocogne qui aurait dû être encore en train de patrouiller. Ses premiers mots me surprirent :

« T’as trouvé la France, toi ? »

Rapidement nous avons reconstitué son incroyable périple. Précisons d’abord que la carte dont nous disposions pour la mission s’arrêtait selon une ligne nord-sud tracée entre le Cotentin et les Îles anglo-normandes. Nous devions passer la côte française aux environs de Dol-de-Bretagne. Or, à la suite d’un compas incertain où d’une erreur de navigation, l’avion de Cocogne dérive de plusieurs degrés vers l’Ouest, brusquement son mitrailleur signale qu’ils approchent d’une côte, on distingue facilement leur découpure de nuit. Pas possible la traversée de la côte n’est prévue que pour plusieurs minutes plus tard, il doit s’agir de l’ombre d’un nuage, le mitrailleur insiste et, pour en avoir le cœur net, Cocogne ordonne au pilote de faire demi-tour ; de nouveau c’est la flotte, redemi-tour et de nouveau une côte, mais cette fois alignée est-ouest. Bizarre, bizarre.

Cocogne, qui n’a pas la moindre idée de l’emplacement des Îles anglo-normandes, se demande s’il n’est pas en train de rêver. Jaffré, le pilote, décide de piquer un petit coup vers l’ouest et de nouveau c’est une côte puis la mer. De plus en plus bizarre. Cocogne se jette de nouveau sur sa carte et pense se repérer du côté de Cancale. Aucune chance, de nouveau la mer succède à une côte, rapidement suivie par une nouvelle mer.

Ils ont ainsi tournicoté pendant un bon quart d’heure de Jersey en Guernesey et vice et versa sans oublier la minuscule Sark, le tout compliqué par l’imagination proche du délire du radio-mitrailleur chargé de surveiller le ciel, Louineau, qui pensait apercevoir toutes les trois minutes un Merchershmitt 110, entraînant le pilote dans une épuisante série d’evasive actions, piqué à droite, remontée à gauche et bis repetita, selon le vieux principe du tire-bouchon, afin d’échapper à la ligne de mire du supposé agresseur.

Cocogne est de plus en plus persuadé qu’il rêve et qu’il va bientôt se réveiller, il en profite pour larguer ses quatre bombes au hasard avant de remettre le cap sur l’Angleterre. Ce fut probablement la seule fois que furent touchées ces îles occupées par les Allemands mais terre britannique et sacrées à ce titre. J’ajoute que, comme pour se justifier, mon camarade me dit qu’un moment, voulant s’assurer qu’il ne rêvait pas, se pinça fortement et ne sentit rien.

 

A propos des œufs sur le plat,  une petite anecdote au passage. Quand nous apprenions en l’air qu’un de nos copains venait de se faire descendre ou le plus souvent, dieu merci, avait dû aller se poser sur un autre aérodrome, c’était à qui arriverait le premier pour cocher son nom sur la liste des ayant droit et s’enfiler son œuf. Comme nous étions quatre par équipage, certains morfals arrivaient à se taper de quoi faire une omelette pour toute une famille.

 

 — II —

 

Vers novembre 1944 il fut décidé que le Lorraine, équipé de bombardiers de précision au faible rayon d’action, quitterait l’Angleterre pour la France afin de se rapprocher du front des opérations. Logique. Le mitrailleur du commandant du groupe, le sergent Caillaux astucieux petit……..

(Suite demain)

En passant par le siècle 24 novembre, 2011

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PRÉFACE

 

J’ai eu une vie bien remplie, au cœur de grands événements auxquels il m’est arrivé de participer pendant trois-quarts de siècle. La guerre sur un pétrolier au cours de la Bataille de l’Atlantique Nord, puis sur un bombardier dans la RAF, pendant que mon père échappait à la Gestapo dans le Lot ; l’UNEF en tant que président de l’Association des étudiants en lettres de Paris ; la montée en réussite de De Staël, de Bissière et de Vialatte ;  « France Observateur » du temps de la guerre d’Algérie et de l’OAS ;  les limbes de l’Internationale Situationniste ; Mai 68 de la première à la dernière manifestation ; la folie du Tiercé et la création du « Point » ; un cancer qui me complique la fin de vie ; et quelques phénomènes de moindre envergure. Plus voyeur qu’acteur, de tout cela ne me reste et ne m’amuse que de petits épisodes picaresques comme, si le penchant à l’anecdote m’éloignait de l’importance desdits phénomènes et l’emportait sur le sérieux de la vie. Alors acceptons l’idée que de petites scènes burlesques peuvent à leur manière éclairer la grande marche de l’Histoire et écoutons le ludion que je suis sautiller à travers le siècle

 

(Suite à demain)

 

Web roman 2 novembre, 2011

Posté par walterlewino dans : POESIE-LITTERATURE , 1 commentaire

C’est l’histoire d’un blog communautaire. Il propose la première phrase d’un roman en devenir. Mettons : « Il sortit avec … » Aussitôt que trois blogueurs différents ont proposé la même suite celle-ci est enregistrée automatiquement, le webmaster se contente alors de ponctuer et d’ajouter un mot ou une expression sans véritable signification (et, afin de, de manière à, pour, avec, qui, c’est alors etc.) de manière que l’histoire puisse se poursuivre

Un premier essai a donné « Il sortit avec sa femme, laquelle était de mauvaise humeur. Ils  s’engueulèrent et elle le gifla, il répondit c’est alors qu’un passant essaya de les calmer en …. »

Pas terrible mais amusant

Surtout ne comptez pas sur le NVF pour gérer ce grand roman des banalités de base, et intéressant à ce titre.

Mais s’il y a un amateur on lui souhaite bonne chance

 

C’est ainsi qu’Allah est grand 30 octobre, 2011

Posté par walterlewino dans : POESIE-LITTERATURE , ajouter un commentaire

 Si tu crois que la montagne est haute parce que tu te terres dans la vallée, si tu crois que la sécheresse est là pour te punir, si tu crois que ton maître est impitoyable parce que tu ne l’as jamais entendu souffler après l’amour, si tu crois que la lionne est perfide parce que tu ne l’as jamais vue allaiter ses enfants, quitte les tiens pendant une lunée pleine et va visiter le monde

Goncourt 26 octobre, 2011

Posté par walterlewino dans : POESIE-LITTERATURE , ajouter un commentaire

Et c’est reparti avec la dernière sélection des Goncourt. Etes-vous capable de citer au moins trois prix Goncourt obtenus au cours de ces dix dernières années. Si oui, bravo, vous êtes le roi ou la reine des gogos. Passons sur les combines qui entourent son attribution et dont se régalent les médias. De toute façon dégotter un grand écrivain français par an… vous y croyez, vous ?

Ne ferait-on pas mieux de le décerner seulement tous les quatre ans, le temps nécessaire pour juger une œuvre et un écrivain ?Ainsi de 1920 à 2008, auraient pu être couronnés :

Proust (1920)              Maurois (1924)         Malraux (1928)  

Colette (1932)             Céline (1936)            Mauriac (1940)

Saint-Exupéry (1944)   Camus (1948)          Aragon (1952)

Giono (1956)                Sartre (1960)            Queneau (1964)

Gary (1968)                 Vialatte ( 1972)         Sagan (1976)

 Blondin (1980)          Modiano (1984)         Duras (1988)             

Le Clézio (1992)       Ormesson (1996)          Djian (2000)          

Houellebecq (2004)   Nothomb (2008)

Ca vous aurait eu une autre gueule !

Le paradis 24 octobre, 2011

Posté par walterlewino dans : POESIE-LITTERATURE , ajouter un commentaire

17 06)

 

Au purgatoire un vieux tombe sur son-grand-père décédé il y a 70 ans   .

— Comment vas-tu, Papy ?

— Bien. Et toi mon petit ? Alors vous avez eu la guerre avec les Boches ?

— Ouais. Il y a longtemps, Papy, on a gagné, façon de parler. Les Boches sont devenus nos grands amis. Maintenant on fait la guerre en Irak et en Afghanistan.

— Où ça ?

— C’est du côté de la Perse

— Ah, bon ! Et il y a beaucoup de poilus tués ?

 — Non. Ca n’existe plus les poilus.

— Ah, bon ! Alors comment vous faites.

— On tire à distance, à des centaines de kilomètres.

— Ah, bon ! Alors les artilleurs, ils risquent rien ?

— Ouais. C’est surtout les femmes et les enfants qui risquent maintenant

— C’est con ça. Au fait le docteur Cambornac il a toujours sa petite automobile ?

— Oh ! il y a longtemps qu’il est mort. Maintenant tout le monde a une auto.

— Tout le monde… Ah, bon ! Même toi ?

— Oui, même moi, Papy.

— Et l’épicier de Rampagnac, il monte toujours avec sa camionnette Peugeot ?

— Non, il n’y plus d’épicier à Rampagnac.

— Ah, bon ! Alors comment vous faites ?

— On va en auto à Dourgon où il y a d’immenses épiceries qui vendent de tout. Des outils aussi, de la vaisselle, des vêtements…

— Ah, bon ! Même des salopettes ?

— Oui, je suppose. Mais tu verrais, ils proposent plus de cent fromages différents, toutes sortes de jambons, de fruits, de légumes. T’en reviendrais pas, maintenant ils vendent des fraises et des pèches en hiver, du raisin et des figues au printemps… et puis d’autres fruits et légumes dont t’as jamais entendu parler, des mangues, des kiwis, du coriandres, des avocats…

— Ah, bon ! Tes parents t’ont acheté le poste de TSF dont tu rêvais. Je me souviens que t’avais installé une longue antenne sur le toit

— Ah, oui, la TSF, nous on dit la Radio. Les postes n’ont plus besoin d’antenne. Ils ne sont pas plus gros que ton paquet de Gauloises

— Ah, bon ! Et on entend pareil ?

— Bien mieux. Ecoute, tu vas pas en revenir. Maintenant les gros postes de radio, ils ont un écran sur lequel on les voit parler. Sur l’écran on peut aussi assister à des matches de football en même temps qu’ils ont lieu, à des milliers de kilomètres, et voir des pièces de théâtre, des films…

—Ah, bon ! Des films ? avec Gaby Morlay et Elvire Popesco ?

— Oui, Papy, et bien d’autres.

— Ah, bon ! J’y penses, t’es devenu un homme. T’as connu des femmes ?

— Plein, je ne peux pas te dire combien.

— Ah, oui ! Elles ont bien voulu ?

— Maintenant elles veulent toutes. C’est plutôt elles qui te demande si tu veux. Il n’y a qu’à se servir

— Ah, bon ! Et des Américaines t’en as connu ?

— Ouais, quelques unes

— Tu te souviens, tu voulais aller en Amérique sur le « Normandie » ? T’y es arrivé ?

— Oui, Papy, Mais pas sur le « Normandie ». En avion ça ne prend plus que 5 ou 6 heures

— Ah,bon ! En avion ?… Moi, j’aurais eu peur de tomber. Au fait, t’as eu des gosses. C’est toujours la Maria qui descend de Pouchou pour les accouchements

Non, Papy, il y a longtemps que cela se passe à la maternité Dourgon, avec plein de spécialiste pour surveiller la délivrance. La Maria, elle coupait le cordon, c’est tout ce qu’elle savait faire. A l’hôpital, ils sont drôlement équipés

— Ah, bon ! Et ça coûte cher ?

— Non, c’est gratis

— Ah, bon ! Mais qui c’est qui les paie ?

— La sécurité sociale. Difficile de t’expliquer. Tout le monde paie.

— Même ceux qu’ont pas de gosses ?

— Oui, tout le monde

— Ah, bon ! Et Antonin Bargounet, il a toujours les meilleurs vaches pour labourer ?

— Ca fait longtemps qu’on ne laboure plus avec des vaches

—Ah, bon ! Alors à quoi elles servent ?

— A donner du lait . Plein de lait, trop de lait. On ne sait plus quoi en faire

— Ah, oui ? Mais comment ils labourent les Bargounet ?

— Avec un tracteur

— Ah, bon ! Ils ont des tracteurs ? Comme les Américains ? Ca doit pas être fatiguant. Et toi t’as quel âge maintenant ?

— Aussi vieux que toi quand tu nous a quittés

— C’est pas vrai ?… Et tu travailles toujours ?

— Cela fait vingt ans que je ne travaille plus

— Ah, bon ! Comment tu vis ? T’as des rentes ?

— Non, mais une retraite

— Ah, bon ! Comme les gars du chemin de fer ?

— Si tu veux. Aujourd’hui tout le monde touche une retraite

— Ah, bon ! C’est formidable tout ça. C’est le paradis.

— Non, Papy, c’est la merde


Ah les hommes ! 22 octobre, 2011

Posté par walterlewino dans : POESIE-LITTERATURE , ajouter un commentaire

C’était un gros Bavarois

Qu’avait l’organe maladroit

Il buvait de l’hydromel

Qu’il commandait par e mail

Par e mail

 

Ah les hommes !

Ah les hommes !

Ah les hommes !

 

On s’était rencontrés

Sous un vieux pommier

A l’ombre du cimetière

Où il planquait sa bière

Planquait sa bière

 

Ah les hommes !

Ah les hommes !

Ah les hommes !

 

On avait fait l’amour

Comme des vautours

Puis il avait fait pipi

Sans se faire de souci

Faire de souci

 

Ah les hommes !

Ah les hommes !

Ah les hommes !

 

Je l’ai présenté à ma mère

Qu’était aide-ménagère

Elle réfléchit, et me dit

Il est plutôt petit

Plutôt petit

 

Ah les hommes !

Ah les hommes !

Ah les hommes !

 

Il aimait les mandarines

Car elles ont la peau fine

Il m’a quittée un soir

Devant un café noir

Un café noir

 

Ah les hommes !

Ah les hommes !

Ah les hommes !

 

J’en ai trouvé un autre

Qui n’était pas très propre

Il avait un gros nez

Qui coulait sans arrêt

… lait sans arrêt

 

Ah les hommes !

Ah les hommes !

Ah les hommes !

 

Il m’a traînée chez lui

Pour manger du méchoui

On a bu du porto

C’était bien rigolo

Bien rigolo

 

Ah les hommes !

 

Quand ma maman l’a vu

Elle l’a trouvé ventru

Il lui baisa la main

Car il était malin

Était malin

 

Ah les hommes !

Ah les hommes !

Ah les hommes !

 

Il disait des gros mots

Moi, je faisait des rots

On a fait un enfant

Qu’a pas vécu longtemps

Vécu longtemps

 

Ah les hommes !

Ah les hommes !

Ah les hommes !

 

 

Après ce fut Mimile

Un juif, un vrai shlemihl

On a fait des galipettes

Qui valaient pas tripette

… lait pas tripette

 

Ah les hommes !

Ah les hommes !

Ah les hommes !

 

Depuis je suis au régime

Je fais de la gym

C’est bien plus reposant

Et bien moins dégoûtant

Moins dégoûtant.

 

Ah les hommes !

Ah les hommes !

Ah les hommes !


C’est ainsi qu’Allah est grand 15 octobre, 2011

Posté par walterlewino dans : POESIE-LITTERATURE , ajouter un commentaire

Le Seigneur est comme les nuages, tantôt plus blanc que neige, tantôt plus noir que le vol du corbeau ; tantôt immobile comme l’eau de la mare, tantôt plus rapide qu’un troupeau de gazelles ; tantôt silencieux comme la montagne à la tombée du jour, tantôt tourmenté comme la tempête qui vient du sud. Le Seigneur est comme les nuages, il te voit mais ne te regarde pas.

Français moyen 13 octobre, 2011

Posté par walterlewino dans : POESIE-LITTERATURE , ajouter un commentaire

La recette du bonheur

 

Un jour comme les autres. Je me lève à sept heures trente, je me lave les mains, le visage, le derrière et le meilleur de moi-même, ce n’est pas mon jour de douche, je n’en prends que deux par semaine. Café avec un peu de lait et tartine beurrée, il est alors près de huit heures un quart, l’heure de prendre le métro pour aller au boulot, après un changement à Strasbourg-Saint-Denis.

Avant de monter au bureau, au quatrième étage avec ascenseur, je vais prendre un express au comptoir du bistrot du coin de la rue, je salue les clients à la ronde, la plupart sont des habitués, et j’évoque la météo avec le barman que je tutoie, il me passe le journal et j’ai à peine le temps de lire mon horoscope, je suis Verseau, qu’il est temps d’aller bosser.

Depuis que nous avons tous un numéro de téléphone personnel il n’y a plus de standardiste et l’entrée est bien triste. Nous sommes quatre dans mon bureau alors qu’ils sont six dans le bureau voisin dont trois femmes,  mais notre chef de section à tous est dans notre bureau, il n’est pas trop exigeant et passe une partie de temps sur le balcon à fumer des Marlborough. Le boulot est plus facile depuis qu’ils ont changé notre système informatique. Certains en profitent pour jouer sur Internet à des wargames, qui peuvent durer des heures.

La secrétaire commune à nos deux bureaux n’est plus toute jeune et a de grosses fesses, le plus âgé d’entre nous lui fait régulièrement des propositions salaces, très myope, il porte des lunettes à gros verres.

A midi moins cinq notre chef rabat le couvercle de son ordinateur et on sait qu’il est l’heure d’éteindre les nôtres. Nous disposons d’une cantine située à l’entresol d’un immeuble de l’autre côté de la rue, je préfère utiliser des tickets restaurant à neuf euros, je ne les paie que cinq, et traîner un peu dans le quartier, parfois je me contente d’un croque-monsieur et d’un verre de bière. Retour à 14 heures, il y en a toujours qui sont en retard, généralement les mêmes,  jusqu’à six heures, le chef part environ une heure plus tôt, il y en a qui en profite.

Bien que nous soyons soumis au régime des 35 heures (5X7), le samedi un de nous doit venir assurer une permanence, je suis souvent volontaire. J’aime bien être seul sur mon lieu de travail, il n’y a pas grand chose à faire, je traîne dans les bureaux qui sont nombreux, chacun ayant sa spécialité, et il m’arrive d’aller  à mon tour fumer sur le balcon, bien que je sois méfiant à l’égard de toute forme d’addiction. La plupart du temps je m’installe à la place du chef,  son fauteuil est plus confortable et on aperçoit par la fenêtre un peu de ciel.

Quand on est de permanence le samedi on a le droit à un jour de congé en compensation. J’en profite pour faire mes grandes courses, généralement à Auchan qui est accessible de chez moi par une ligne directe. Le soir je regarde la télé tout en dînant du repas que je me suis préparé, j’ai un plateau spécialement conçu pour ça, certains soirs, j’aime beaucoup la Une mais il m’arrive de regarder Arte pour les documentaires, je me suis abonné à Canal+ pour le sport, une folie.

Le vendredi ou le samedi je sors dîner à l’extérieur, tantôt chinois, tantôt des pizzas, tantôt un couscous, c’est beaucoup moins cher que les restaurants français, j’ai essayé les sandwiches turcs, je n’aime pas trop, peut–être une fois par mois, je vais dans une grande brasserie déguster une choucroute, mon plat préféré, ce soir-là c’est le fête et je bois une demi-bouteille de sylvaner.

Pour mes vacances je suis resté fidèle depuis au moins vingt ans un petit village de Corrèze qui domine la vallée de la Dordogne, j’y ai d’abord habité chez un habitant dans une sorte de ferme bien sympathique, puis, comme il a pris sa retraite et que je n’aime pas trop son fils et surtout sa belle-fille, je loue maintenant une petite maison de deux pièces, toujours la même et à la même époque. J’aime beaucoup ce village dont je connais pratiquement tous les habitants, je songe à aller y prendre ma retraite dans 14 ans quand j’aurais toutes mes annuités.

J’ai été marié mais ça n’a pas duré longtemps, maintenant j’ai des rapports avec une femme mariée que j’ai connue en Bretagne, la seule année où je ne suis pas allé en Corrèze. Elle n’est pas heureuse en ménage, son mari à une maîtresse, elle a deux enfants dont une superbe petite fille de huit ans qui des yeux d’un bleu pas croyable. C’est une femme adorable, mais je me vois mal tentant une nouvelle expérience maritale, une fois m’avait suffi.

Finalement je suis assez heureux de mon sort et quand je pense qu’il y a des gens qui passent leur temps à râler, à s’indigner, à vouloir changer de gouvernement, ils sont vraiment incorrigibles… Pauvre France !    

François Mayen

pcc le NVF

 

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