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Le tout et son contraire 19 juin, 2010

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Encore entendu ce matin ce mot qui fait fureur chez les intellos de la radio : oxymore. Comme d’hab, suit aussitôt sa définition sous forme d’exemple: « une obscure clarté qui tombe des étoiles » qu’on attribue parfois à Hugo alors qu’il appartient à Corneille.
D’après les Robert, le grand comme le petit, qui le nomment oxymoron, il s’agit d’une formule qui allie deux mots de sens contradictoire.  En somme le mariage de la carpe et du lapin et à ce titre on peut dire que celui de Sarkozy avec Carla Bruni est une sorte d’oxymore.
Quant au NVF il s’entête à prétendre qu’il s’agit, tout au contraire, d’un pléonasme. Occis et mort ça veut bien dire la même chose, que diable!

Ségrégation 3 mai, 2010

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Futur énarque virant de son lycée un futur prolo

Narcissisme 25 avril, 2010

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Pour ceux que le parcours du NVF intéresse, ils pourront se référer au dernier numéro du « Tigre » présent dans tous les points de vente qui comptent, 2,50 euros, un prix d’ami. Il y subit une belle et longue interview par l’incontournable Raphael Meltz. Mais le « Tigre » lance d’autres « ouff », autrement passionnants. Enfin un magazine qui ne subit pas les diktas de l’empire publicitaire, se contentant de publier en dérision  les réclames du début du siècle dernier. Tout ce qu’on aime

WL

Kiladi ? 20 avril, 2010

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Cinq des citations qui suivent sont des faux. Essayez de les identifier

1 Les Allemands aiment trop la musique pour gagner la guerre
Charles de Gaulle

2 Nous avons fait l’amour, que faire d’autre avec une femme ?
Sacha Guitry

3 Les petits plaisirs tuent le grand bonheur
Henri Bergson

4 Chaque fois que je signe un contrat, je laisse mes couilles à la consigne
Marlon Brando

5 Les Français sont des Italiens qui se prennent au sérieux
Léonard de Vinci

6  La première fois que j’ai vu une femme nue, j’ai cru que c’était une erreur
Woody Allen

7 La vie est un long suicide raté
Emile Cioran

8 Bien que je sois d’origine étrangère, je me sens plus français que certains Bretons ou Corses
Nicolas Sarkozy

9 Les jeunes sont des vieux qui s’ignorent
Jean Cocteau

10 Souvent les réponses précèdent les questions
Sigmund Freud

Papa peintre 17 avril, 2010

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Le père de Sarkozy refusant de faire le portrait de Ségolène

Les anti-rappeuses 13 avril, 2010

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lesbourges.jpg
Les bourges de Neuilly répétant pour le Printemps de Bourges

Russe ou pas 20 mars, 2010

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LES RUSSES

Long dialogue entre deux inconnus, âge indéterminé, qui ne se connaissent pas. Il peut s’agir de deux personnages assis sur un quai de métro, ou de marchant à côté de leur vélo, ou ceints d’une serviette dans un hammam, ou à la terrasse d’un bistrot,  ou carrément dans un camp  des nudistes, voire au sommet de la tour Eiffel ou dans une salle d’attente.

— Vous êtes russe, vous ?
— Non, je ne suis pas russe. Pourquoi vous me demandez ça ?
— Pour savoir.
— Pour savoir si je suis russe ?
— Exactement
— Et ça changerait quoi si j’étais russe ?
— Rien, mais au moins je le saurais.
— Vous sauriez quoi ?
— Si vous êtes russe ou pas.
— Comme je ne suis pas russe c’estne vous avance pas.
— A la réflexion, vous avez raison. C’était seulement pour m’assurer si vous êtiez russe ou non.
— Alors vous êtes rassuré ?
— Oui, mais, de toute façon ça n’a aucune importance que vous soyez russe ou pas. Des fois, vous savez, on se pose des questions idiotes. Moi, par exemple, quand je me suis demandé si vous êtiez russe ou quoi.
— Moi aussi je me pose des questions idiotes. Par exemple, quand vous m’avez demandé si j’étais russe, je me suis dit que peut-être vous cherchiez à me vendre une burka
— Pourquoi une burka ? C’est russe une burka ?
— Je ne sais pas, je ne suis pas russe, mais n’est-ce pas ainsi qu’ils appellent leurs chapeaux, les Russes ?
— Une burka ? Je crois pas ! Vous confondez peut-être avec les chapkas qu’ils portent sur leur tête, les Russes.
— Possible. Burka, chapka… Faudrait être russe pour savoir. Comme je vous l’ai dit, je ne suis pas russe, alors chapka… burka… Mais vous, au fait, vous êtes peut-être russe.
— Moi, russe ? Non, pas du tout. Pourquoi vous me demandez ça ?
— Je ne sais pas. Peut-être parce que vous m’aviez demandé si  je l’étais, russe, moi. Vous cherchiez peut-être peut-être un autre russe pour discuter.
— Discuter de quoi ?… surtout avec un Russe, moi qui ne suis pas russe…
— C’est drôle, nous ne sommes russes ni l’un ni l’autre
— Apparemment, puisque vous, vous n’êtes pas russe.
—Vous non plus vous n’êtes pas russe. Donc aucun de nous deux n’est russe
— D’accord, mais supposons que vous soyez russe, est-ce que vous vous sentiriez russe ?
— Si j’étais russe ? est-ce que je me sentirais russe. Je ne peux pas dire puisque je ne suis pas russe.
— Mais si vous l’étiez ?
— Si j’étais russe ?
— Oui, si vous étiez russe.
— Est-ce que je me sentirais russe ?  Pas facile de répondre. Si j’étais russe ?… Je suppose que les Russes, eux, se sentent russes.
— Oui, mais vous ?
— Laissez-moi réflêchir. Si j’étais russe et étant donné que les Russes se sentent russes…… faudrait bien que je fasse comme eux puisque vous dites que je serais russe. Mais, je sais pas ce qu’il faudrait que je fasse pour faire comme un Russe. Vous le savez, vous ?
— Non, c’est pour cela que je vous le demande. Etre russe c’est peut-être pas très facile. Qu’est-ce que vous en pensez ? Moi si j’étais russe je ne suis pas sûr que j’accepterais de faire comme eux, ça doit pas être facile. Non, cela ne doit pas être facile d’être russe
— Surtout quand on ne l’est pas
— C’est ça le problème. De toute façon je n’aimerais pas être russe
— Mais si on vous forçait.
— Je n’aimerais pas cela.
— Moi non plus. Á la rigueur je serais d’accord pour être russe, mais pas de force.
— Et si on vous forçait vraiment ?
— Si on me forçait vraiment ?… je ferais semblant.
— Moi pareil.
— Cela prouve bien que nous ne sommes pas russes. On est pareils tous les deux, nous ne sommes pas russes. Ni l’un ni l’autre
—Á ça non ! De toute façon vous le savez, vous, où on en trouve des  Russes ?
— Vaguement. Là-bas, à l’Est. En Russie, je crois.
—En Russie ?
— Oui, ils sont tous là-bas, des millions
— Des millions ?… Des millions ?…. Alors ils n’ont pas besoin de nous.
— Pas dit qu’ils veuillent de nous en plus.
— Ça vaut mieux. Etre russe ça doit pas être facile. Surtout quand on ne l’est pas.
— Oui, il n’y a pas de raison pour qu’on soit russe puisqu’on ne l’est pas. De plus on les comprend mal, vous en avez connu, vous, des Russes ?
— J’en ai connu deux, mais pas de Russes.
— Comment ça. Vous avez connu des Russes ou pas ?
— Oui deux Russes, mais pas de Russe
— C’étaient des Russes ou quoi.
—  C’est ce qu’elles disaient. Elles disaient qu’elles venaient de Russie, mais qu’il ne fallait pas le dire à cause des papiers.
— Comment les aviez-vous connues.
— Dans la rue, comme toujours.
— C’étaient des prostituées russes ?
— Oui des Russes. A part ça je n’ai jamais approché de Russe.
— Vous avez connu des Russes femmes mais pas de Russes hommes ? C’est bien ce que vous voulez dire.
— Oui. Je vous l’ai dit.
— Des Russes, deux, mais pas de Russes.
— Elles étaient bien, ces Russes
— Oui, c’étaient des Russes. Normales. Des Russes quoi.
— Vous pensez que les Russes sont normaux ?
— Je n’ai pas dit cela . Je n’en sais rien. Ces deux Russes elles faisaient comme les autres femmes. C’est peut-être ça d’être normal. Etre pareil, faire comme les autres.
— D’accord, mais des Russes… Il n’y avait pas d’autres prostituées que des russes ?…
— Si beaucoup de noires. Je n’aime pas trop.
— Et une Russe noire, vous auriez aimé.
— Il y a des Russes noires ?
— Possible, il y en a partout.
— Partout ? Des Russes ou des Noires ?
— Parlons des Russes puisque vous dites que vous n’êtes pas russe.
— Non je ne suis pas russe. Remarquez, si j’étais russe je ne dirais pas que je ne suis pas russe. J’aime bien dire la vérité.
— Moi aussi. La vérité, c’est international. Il n’y a pas de raison pour que cela ne soit pas russe.
—Puis-je vous poser une question ?
— Allez-y.
— Si vous étiez russe et qu’on vous demande quelle serais votre réaction si vous autre chose que russe, comment réagiriez-vous ?
— Si j’étais russe… et qu’on me demande…  Répétez  un peu
— Si vous étiez russe, un vrai russe, pas comme nous, et que quelqu’un vous demande d’essayer d’être autre chose qu’un Russe… Vous avez compris ? vous êtes Russe et on vous demande si vous n’êtes pas autre chose qu’un Russe ?
— Mais je ne suis pas russe.
— Moi non plus, c’est difficile d’imaginer ce qu’on ferait si nous étions russes  et qu’on nous demande, en plus de ne pas être russe en quelque sorte, si on n’est pas autre chose.
— D’autant plus qu’on n’est pas autre chose.
— Vous croyez ? difficile de comprendre. Si on est autre chose ça veut bien dire qu’on n’est pas russe alors pourquoi on nous le demanderait puisqu’on n’est pas russe. Je m’y perds
— Moi aussi. De plus il n’est pas dit qu’on aurait avantage à être russe, ou en tout cas à le dire.
— Aucune raison. Etre Russe ça doit pas être facile tous les jours. Par exemple si nous étions russes est-ce que nous discuterions, calmement, comme maintenant,  à propos du fait d’être russe ou pas, je ne pense pas que les gens, c’est-à-dire les autres Russes comprendraient.
— Vous avez  raison. Peut-être que les Russes ne comprennent pas mieux les Russes que nous.
— C’est toujours difficile de comprendre qui on est. Surtout si on est Russe.
—  Si on est russe ou autre chose. Et peut-être que les Russes ne voudraient pas être autre chose. Etre russe, pour eux, cela doit leur sembler normal.
— Pourtant c’est pas facile. Vous voyez bien que nous n’arrivons pas à comprendre comment on peut être russe. Même nous qui sommes pourtant pas russe. Nous n’y arrivons pas.
— Peut-être qu’on n’a pas assez pensé au problème.
— Comment ça ?
—Peser le pour et le contre. C’est comme cela qu’il faut faire. Une supposition, je vous pose une question : est-ce qu’on a avantage à être russe ou pas. Allez, réponds !
—  Laissez-moi réflêchir… Vous voulez savoir si être russe c’est un avantage… Pas difficile, ça dépend si on est russe ou pas… Pas difficile, ça dépend si on est russe ou pas…
— Justement, c’est ça le problème. Est-ce qu’il vaut mieux être russe pour penser que c’est un avantage ou de ne pas être russe pour penser qu’il vaut mieux ne pas être russe. Vous me suivez ?
— Pas trop
— Moi non plus, je ne sais plus très bien où on en est. Faudrait reprendre tout à zéro.
— D’accord. Qui commence ?
— Ça n’a pas d’importance. Le problème, il est simple, il y a des gens qui sont russes et des gens qui ne sont pas russes.
— Bien !
— Ceux qui sont russes sont russes et ceux qui ne sont pas russes ne sont pas russes. Toujours d’accord ?
— Oui, dans un certain sens. Mais on peut aussi bien dire que ceux qui ne sont pas russes ne sont pas russes et que ceux qui sont russes sont russes
— Vous avez parfaitement raison. D’un côté il y a les Russes et de l’autre les pas Russes.
— Pas forcément tous les autres
— Ah ! et pourquoi ?
— Il y en a peut-être qui sont à moitié russes. Alors ils sont russes tout en étant autre chose
— Les demi-Russes ?… Juste ! Je n’y avais pas pensé. Ça complique le problème, non ?
— Les demi-Russes ? ils sont russes d’un côté et pas russes de l’autre.
— C’est pour eux que le problème doit être compliqué. D’un côté ils pensent que c’est bien d’être russe et de l’autre que c’est bien d’être pas russe. Vous, par exemple, si vous étiez un demi-russe vous penseriez que vous êtes russe ou pas russe ?
— C’est le coup du verre à moitié plein ou à moitié vide.
— Chez les Russes il doit s’agir d’un verre de vodka
— Vous croyez ?
— C’est logique . Les Russes boivent de la vodka. Quand leur verre est à moitié plein c’est probablement de vodka.
— Oui. Mais quand il est à moitié vide ?
— Là, vous me collez. Quand il est à moitié vide cela signifie que nous avons affaire à la partie pas russe d’un demi-Russe  C’est déjà pas facile d’imaginer qu’on n’est pas russe, alors pas demi-russe ? Cela voudrait dire qu’on est russe tout en ne l’étant pas. Un vrai cas de conscience. Qu’est-ce que vous en pensez ?
— Je suis assez d’accord. Mon côté russe ne serait sans doute pas très important car il ne serait qu’à moitié. L’ennui c’est qu’il en irait de même de mon côté pas russe. Je crois que je préférerais ne pas être russe du tout.
— De toute façon il n’y a aucune raison pour que vous soyez russe.
—D’autant que je ne le suis pas. Mais supposons que deux Russes se posent les mêmes question que nous, mais inversées et se demandent comment ils réagiraient s’ils étaient comme nous par exemple .
—Oui , je vous suis, vous avez raison, on voit toujours les problèmes de son point de vue alors, que le point de vue des autres est aussi intéressant. Récapitulons, si des Russes, ou même n’importe qui,  réfléchissaient comme nous en ce moment en imaginant qu’ils sont des gens comme nous, là en ce moment, et je vais plus loin qu’ils s’imaginent que comme nous ils se demandent comment nous on réagirait à l’idée d’être russe. Vous me suivez toujours.
— Pas vraiment Je ne sais pas où on s’embarque. Au départ nous voulions uniquement savoir si nous étions russes.
— Mais comme  nous ne l’étions pas il a bien fallut trouver autre chose . Aller plus loin.
— Oui, mais nous ne savons pas où nous allons. C’est peut-être dangereux cette histoire avec des Russes. Ils sont bizarres, non ?
— Bizarres ? C’est bien possible, mais, tant que nous les avons là sous la main autant continuer avec eux. Et puis les Russes on ne les connaît pas trop. C’est ça qui est dépaysant. Mais, vous, vous m’avez bien que vous aviez connu des Russes.
— Oui, deux Russes et jamais très longtemps. J’aime pas m’attarder et puis on ne parlaient pas la même langue.
— Je ne vous juge pas. Chacun mène sa vie comme il l’entend. Vous dites que vous aviez des problèmes de communication avec elles. C’est peut-êtrecela la vrai différence. On ne parle pas la même langue. Eux c’est le russe et nous c’est notre propre langue, celle du pays.
— Tout juste…
— …Auguste.
— Auguste ? je ne prénomme pas Auguste.
— C’était juste une plaisanterie. Tout juste Auguste…
— Eux les Russes ne connaissent pas notre langue. C’est pour cela que tout à l’heure vous m’avez étonné en me demandant si j’étais russe alors je ne connais pas un mot de russe.
— Même pas da et niet ?
— Da et niet, oui, mais ça nous mène pas loin.
— Dommage car on avait bien avancé dans notre discussion.
_— Surtout quand nous nous sommes demandé comment feraient les Russes s’ils se posaient les mêmes questions que nous.
— Hélas on n’a pas trouvé de réponse. Les réponses c’est toujours le problème des problèmes.
— Il y a bien des gens qui doivent les  connaître
— Quoi ? Les réponses au problème… Possible. Vous en connaissez, vous, des gens qui savent ? Des spécialistes ?
— Non, je ne vois pas. On peut chercher.
— Chercher quoi, au fait ? Un spécialiste spécialisé sur ce que pensent les Russes s’ils n’étaient pas russes. Difficile à trouver. Encore qu’il y ait des spécialistes qui se spécialisent sur tout.
— Nous pourrions commencer avec un spécialiste spécialisé sur ce qu’on penserait nous si on étaient russe.
— Nous n’avons pas besoin de spécialiste pour cela. Depuis une heure que nous discutons il est évidemment que cela ne nous intéresse pas d’être russe
— Oui, mais si nous l’étions ?…
— Si nous étions russe ? On n’en sort pas.
— Pour revenir à notre point de départ. Cela ne m’a pas étonné que vous me demandiez si j’étais russe et vous savez pourquoi ? Par ce que j’avais eu la même idée vous concernant. Un flash.  Celui-là,  m’étais-je dit plus ou moins consciemment est-ce qu’il ne serait pas russe pare hasard. Vous avez été plus rapide que moi. Félicitations !
— Moi aussi j’ai eu un flash. J’ai vu que vous hésitiez alors je me suis jeté dans le bain. Je ne le regrette pas
— Moi non plus. On était sans doute fait pour se rencontrer.
— Je me demande comment j’aurais réagi si vous aviez été russe.
— Mais je ne suis pas russe.
— C’est ça le problème. Tout aurait plus facile si vous aviez été russe
— Moi ou vous. Si un de nous deux avait été russe et pas l’autre on aurait pu vraiment discuter à propos d’être russe ou pas russe. Quel avantage on aurait en étant russe ou en ne l’étant pas. Notez, j’aurais préféré que vous fussiez le russe et moi le pas russe.
— Il n’y avait pas de raison.
— Je vous l’accorde, mais cela m’aurait convenu, on aurait pu discuter plus sérieusement avec des cartes en main. Vous russe et moi pas russe. Vous voyez bien que comme nous sommes russes ni l’un ni l’autre nous tournons en rond. Peut-être pourriez-vous faire comme si vous étiez russe.
— Laissez-moi réflêchir. Moi, je serais russe et vous qui ne le serait pas vous me demanderiez si je suis russe ou pas. C’est comme cela que vous voyez les choses ?
— Tout à fait.
—  Bon, je ne suis pas russe et…
— … Non, vous êtes russe, une supposition, et moi je ne le suis pas.
— Vous me demandez donc si je suis russe ? Qu’est-ce que je dois répondre ?
— Que vous êtes russe
— Pas facile. Je ne suis pas russe, je vous l’ai dit, vous le savez,
— C’est vrai. On n’en sort pas
—Je me demande si on n’a pas eu tort de se demander si on était russe. Il aurait peut-être dû demander si on n’était pas autre chose, en tout cas pas russe. Les Russes c’est drôlement compliqué.
— Surtout pour nous qui ne sommes pas russes.
— C’est dommage. Si un de nous avait été russe, vous par exemple…
— …ou vous
— Si vous préférez… Si un de nous avait été russe, un vrai russe, avouez que le choses seraient plus simples.
— Possible qu’avec les Russes les choses ne soient jamais simples
— Possible. Faudrait connaître un Russe pour le lui demander.
— Hélas nous n’en connaissons pas. A part vous, ces deux malheureuses filles.
— Je les connaissais pas vraiment. Ça se passe très vite. Je ne savais même pas qu’elles étaient russes au début et je me demande encore si elles l’étaient vraiment.
— Pourquoi n’essayez-vous pas de les retrouver…
— Vous croyez ?
— C’est notre seule chance.
— Je ne sais pas trop comment m’y prendre.
— Comment les avez-vous connues. On vous les a présentées ? Vous aviez des amis communs ?
— Personne. Dans la rue, sur le trottoir je vous ai dit. J’ai même oublié leurs noms. Le genre de nom qu’elles ont toutes. Cela ne veut rien dire. A la réflexion elles n’étaient pas russes mais autre chose.
— Quoi par exemple ?
— Je ne sais pas… Autre chose.
— Maintenant tout le monde peut se prétendre russe.
— Pas moi.
— Moi non plus.
— Je ne vois pas quel avantage on aurait à se prétendre russe, alors qu’on ne l’est pas.
— Il y a des gens qui sont capables de se prétendre russe, alors qu’ils ne le sont pas ?
— Peut-être que ce sont des vrais Russes qui ont caché qu’ils étaient russes et qui maintenant veulent le redevenir.
— Pourquoi ils l’auraient caché.
— Pour qu’on ne les prenne pas pour des Russes.
— Ça veut donc dire que cela n’est pas si bien d’être russe.
— Peut-être que ça dépend des circonstances. Sans doute… Les circonstances cela complique tout.
— Il y a des circonstances où il vaut mieux être russe et des circonstances où il vaut mieux ne pas l’être.
— Vous, quel genre de circonstance vous préférez. Etre russe et le cacher ou dire que vous êtes russe ?
_—Quel genre de circonstance ?… Eh ! bien ça dépendrait des circonstances, vous ne croyez pas ? Faudrait d’abord que je sois russe pour savoir si un Russe aurait raison de l’avouer ou pas. Pour moi c’est facile puisque je ne suis pas russe. Automatiquement je prétendrais ne pas l’être puisque je ne le suis pas, russe, et cela quelles que soient les circonstances.
— Cela ne nous fait guère avancer. On ignore toujours comment on se comporterait à leur place.
_— Difficile de se mettre à la place de quelqu’un d’autre.
— Surtout d’un Russe.
— D’autant plus qu’on ne l’est pas.
— Vous l’avez déjà dit.
— Vous aussi. C’est normal puisque nous ne le sommes ni l’un ni l’autre.
— C’est amusant, vous ne trouvez pas ? on ne se connaît pas, on ne s’est jamais rencontrés et un de nous demande à l’autre, précisément, s’il n’est pas russe.
— Oui, alors qu’il aurait pu lui demander beaucoup d’autres choses.
— Quoi par exemple ?
— Je ne sais pas… plein d’autres choses.
— Mais, le plus intéressant c’était quand même de savoir si on est russe ou pas. Je ne vois pas de quoi nous aurions pu parler d’autre. Vous avez une idée ?
— Non. Le problème russe était le plus passionnant, même si nous ne sommes pas parvenus à bien le résoudre.
— On sait au moins que nous ne sommes pas russes.
— D’accord, mais pourquoi ?
— Pourquoi ? Là, vous me prenez de court. Pourquoi ne sommes-nous pas russes ? A la réflexion, nous pourrions aussi bien l’être.
— D’accord, mais, dans ce cas, notre discussion n’aurait aucun sens. Un de nous deux, vous ou moi, demanderait à l’autre s’il est russe et l’autre répondrait oui je suis russe. Point barre.
— Point barre ?
— Oui, point barre, cela signifie que la discussion est close. Ainsi s’expriment les jeunes maintenant.
— Vous désiriez que nous cessions de discuter ?
— Au contraire, vous m’avez mal compris. Je voulais dire que si nous étions russes, notre discussion n’aurait aucun sens. Point barre !
— Heureusement que nous ne sommes pas russes.
— Mais les Russes, eux, peut–être qu’heureusement qu’ils sont russes.
— C’est leur problème.
— Ça pourrait être le nôtre aussi.
— Le nôtre ? Comment cela ?
— Laissez-moi un petit temps de réflexion. Nous disions donc que c’était bien de ne pas être russe et que parallèlement les Russes pensaient que c’était bien d’être russe et que cela ne nous regardait pas que c’était leur problème. C’est bien cela ?
— Je ne sais plus où on s’embarque. Au départ tout était simple coulait d’évidence : est-ce que nous sommes russes ou pas. Réponse, non ! Et voilà qu’on dérive pour savoir comment on se comporterait si on était russe. La question est sans fondement puisque nous ne sommes pas russes.
— J’ai l’impression que vous le regrettez
— Regretter quoi ?
— De ne pas être russe.
— Mais je ne suis pas russe, je ne vois pas comment je pourrais regretter de l’être. Et si nous faisions fausse route, tous les deux, et qu’il y plusieurs façons d’être russe.
— Comment cela ?
— Il y a des Russes et des Russes. Ils ne sont pas tous forcément pareils.
— Vous voulez dire qu’il y a russe et russe. Des Russes d’une certaine façon et des Russes d’une autre façon. Bien sûr, bien sûr…
— Regardez, nous aussi, nous avons des différences. A propos des Russes tous les deux nous sommes à peu près d’accord. Mais, pour le reste ? Les individus sont souvent différents les uns par rapport aux autres. Il n’y a aucune raison pour que les Russes se ressemblent tous.
— Mais qu’est-ce qui fait la différence entre un Russe et un autre Russe qui est différent ?
— Ils sont russes. Ils ont au moins ça en commun. Ils sont tellement nombreux qu’il n’est pas possible qu’ils soient tous les mêmes. Vous les voyez comment, Vous ?
— Qui ça ?
— Les Russes qui ne sont pas pareils.
— Pareils aux autres Russes ?
— Oui les Russes différents. Qu’est-ce que nous en pensez ?
— Je pense, je pense… que s’ils sont différents c’est par ce qu’il ne sont pas pareils. J’ignore s’il y en a qui sont meilleurs que d’autres .
— C’est bien là le problème. Quels sont les bons Russes et quels sont les… les… pas forcément les mauvais, mais, disons, les moins bons ?
— C’est comme chez nous. Il y a des bons et des moins bons.
—  Des bons et des moins bons… Mais, lesquels sont lesquels ?
—  C’est une question de point de vue.
— Sans doute. Quel est votre point de vue à vous.
— A propos de quoi ?
— A propos des Russes puisque c’est cela qui nous intéresse.
— Mon point de vue sur les Russes ? Sur les bons Russes ou sur les autres ?
— Comme vous voulez
— Je veux bien, mais j’ignore quels sont les bons Russes et les pas-bons Russes. J’ai peur de ne pas être compétent.
— La compétence, c’est très important. Faudrait trouver quelqu’un de vraiment compétent.
— Ce n’est pas parce qu’on n’est pas compétent qu’on n’a pas le droit d’avoir des idées. Des idées à nous… qui ne doivent rien à personne.
— Je sais, je sais… Les gens compétents se trompent souvent.
— Nous aussi.
— Mais nous, noud ne sommes pas payés.
— Payés pour se tromper.
— Par pour se tromper, mais pour faire croire qu’on ne se trompe pas.
— Les Russes, eux aussi peuvent se tromper.
— Ou nous tromper.
— Difficile de s’y retrouver. A mon avis, les Russes ils sont comme nous. Ils se trompent une fois sur deux.
— Une fois sur deux  ?… Ça veut bien dire qu’une fois sur deux ils ne se trompent pas.
— Faudrait savoir ce qu’ils pensent pour voir s’ils se trompent ou s’ils ne se trompent pas.
— Moi le pense qu’ils se trompent moins souvent que nous.
— Et pourquoi ?
— D’abord, ils sont Russes et ils savent ce qu’ils veulent
— Ah ! et qu’est-ce qu’ils veulent, les Russes ?…  D’après vous.
— Ils veulent avant tout être russe.
— Rester russe.
— Sans doute puisqu’ils le sont. Et ensuite ?
— Ensuite ?… ensuite ?… ils ne veulent pas être comme nous.
— Normal, puisqu’ils sont russes.
— J’y pense, ça doit être dur d’être russe.
— Surtout pour nous.
— Il nous suffit de refuser d’être russe
— D’autant qu’on ne nous demande jamais d’être russe. On vous l’a demandé, à vous ?
— Non, mais si, vous, tout à l’heure, vous m’avez bien demandé si j’étais russe ou pas.
— C’était juste pour savoir.
—  Maintenant que nous sommes bien d’accord pour dire que nous ne sommes russe ni l’un ni l’autre, et que de plus nous n’envisageons pas de le devenir, j’espère qu’on va pouvoir traiter avec sérénité le problème qui se pose en fait à tous les gens comme nous.
— Les gens comme nous… c’est ça qui compte.
— On l’oublie trop souvent.
— A mon avis les Russes ne doivent pas l’oublier. Ils sont russes avant tout.
_— D’une certaine façon je les approuve. Ils sont russes comme, nous, nous sommes autre chose.
— C’est la raison pour laquelle nous ne sommes pas russes.
— Peut-être qu’on ne naît pas russe mais qu’on le devient.
— J’aimerais pas le devenir
— Moi non plus
— Il ferait beau voir.
— Vous avez raison. Il ferait beau voir.
—  Simone…
— Simone ? Quelle Simone.
— Rien. Ça m’est venu comme ça. Il ferait beau voir… Simone
— Une Russe que vous avez connues se nommait peut-être Simone
— Non. Elles avaient des noms comme elles en ont toutes. Pas Simone, c’est sûr. Ça m’est venu comme cela…
— C’est amusant que vous ayez dit Simone. C’est le prénom de ma première femme.
— Vous avez été souvent marié.
— Non une seule fois. C’était la première et sans doute la dernière. Simone…
— Elle était russe ?
— Pas que je sache. Vous m’avez bien dit que les Russes ne se prénommaient pas Simone.
— Celles que j’ai connues, non, mais il y en a d’autres.
— Bien sûr, on ne peut pas connaître toutes les Russes. Il y en a des millions.
— Des millions de Russes… Qu’est-ce qui vous dit qu’elles ne rêvent pas d’être moins russes, par exemple d’être des demi-Russes
— Pas possible. Elles sont Russes et ne deviendront jamais autre chose.
— N’empêche qu’elles peuvent faire un demi-Russe.
— Un demi-Russe ?
— Ouiu cela leur est possible. Il leur suffit de faire un enfant avec autre chose qu’un Russe. Vous, par exemple
— Pourquoi moi ?
— Je ne sais pas. Vous disiez que vous aviez connu des Russes.
— C’est pas le genre de ces Russes, à condition qu’elles le soient, russes, avec qui on peut faire un demi-Russe.
— Si vous ne pouvez pas faire un demi-Russe avec une Russe, dites-moi avec qui vous pourriez le faire.
— Mais je ne désire pas faire de demi-Russe,
— Dommage. On aurait pu y voir plus clair.
— Vous me demandez de faire un demi-Russe ?
— Non. Mais cela nous faciliterait d’avoir un demi-Russe à défaut d’un vrai Russe.
— A condition  qu’il soit vraiment demi-Russe
— Ça coule de source
— Comment m’assurer que si je trouvais une Russe pour faire un demi-Russe, elle soit vraiment russe.
— Faudrait lui demander.
— Si elle mentait et qu’elle ne soit pas russe mais autre chose
— Aîe, aïe ! Cela donnerait un moitié autre chose et moitié autre chose.
—  Vous imaginez la confusion.
— En effet discuter avec ce qu’on croit être un demi-Russe et qui ne serait qu’un demi autre chose.
— Un demi autre-chose d’une part  et demi autre chose d’autre part. Un complet autre-chose qui n’aurait rien à voir avec les Russes.
— En effet, on aurait tout faux.
— A mon avis quand on discute il vaut mieux savoir à qui on s’adresse.
— Oui, il vaut mieux
— Supposons que nous discussions avec un Russe qui ne soit pas russe. On aurait tout faux
— Mais lui aussi aurait tout faux. Il croirait discuter avec des gens qui pensent qu’il est russe, alors qu’il ne l’est pas, russe.
— Vous avez raison. Il vaut mieux traiter avec un vrai Russe
— Pour nous, comme pour lui.
— De toute façon, lui…
— D’accord il n’a qu’à se débrouiller de son côté. Pour nous c’est déjà assez compliqué…
— C’est compliqué, par ce que nous posons mal le problème
— Vous croyez ?
— Il me semble. Le problème au départ est bien savoir en quoi ça consiste d’être russe. Peu importe que cela soit bien ou mal. En quoi ça consiste ?…
— Hélas pour l’instant sous sommes tombés d’accord pour dire que les Russes demeurent un grand mystère.
— C’est pour cela que nous en discutons.
— Les mystères sont la chose la plus difficile à comprendre. Vous êtes d’accord ?
— Oui. Continuez.
— Les mystères, on ignore par quel bout les prendre. Vous avez une idée ?
— Pas vraiment. Le mystère russe a sans doute ceci de particulier qu’il est particulièrement mystérieux.
— Mystérieux et russe ?… Il y a de quoi s’y perdre.
— Je m’en doutais. Nous avons probablement fait une erreur.
— Ah ! Laquelle ?
— Celle de nous en prendre aux Russes, dont nous nous accordons pour dire qu’ils sont particulièrement mystérieux.
— Sans doute. Mais sont-ils si mystérieux que cela ?
— En tout cas ils sont russes.
— Mais sont-ils vraiment mystérieux ?
— En tout cas, ils ne sont pas comme nous.
— Nous, aussi, peut-être que nous sommes mystérieux
— Pour les Russes ?
— Entre autres.
— Je ne vois pas en quoi nous sommes mystérieux.
—  Pour les Russes, par exemple. Il y a peut-être, en ce moment deux Russes qui se disent que nous sommes particulièrement mystérieux.
— Possible. Ce sont ces Russes qu’il nous faudrait contacter pour leur demander pourquoi ils nous trouvent mystérieux. J’aimerais bien…
— Moi aussi. Nous pourrions échanger nos mystères. Pourquoi ils nous trouvent mystérieux et, nous, nous leur expliquerions pourquoi, de notre côté, nous les trouvons mystérieux.
— Excellente idée.
— Que pensez vous qu’ils diraient.
— Je ne sais pas, bonjour en russe… Il vaudrait mieux que ce fût des gens bien élevés, comme nous.
— Non !  Que diraient-ils à propos de notre mystère.
— Mais, nous ne sommes pas mystérieux.
— Eux, sans doute, qu’ils le pensent. N’oubliez pas, ce sont des Russes.
—  Sûr que je n’oublie pas. Bon ! les Russes vont nous demander pourquoi nous les trouvont mystérieux et, à notre tour, nous leur demanderons pourquoi, eux, nous trouvent mystérieux, alors que nous ne le sommes pas.
— Nous ne le sommes pas pour nous.
— Juste !
— Auguste
— Arrêter avec votre Auguste. Nous sommes entre gens sérieux.
— Excusez-moi, c’est un tic. Un tic, pas plus
— Poil à l’anus.
— Stop ! j’ai compris. Donc nous ne sommes pas mystérieux alors pourquoi les Russes pensent que nous le sommes ?
— Par ce qu’ils sont russes.
Décidément nous tournons en rond.
— Petit patapon !
— Comment ?
— En rond… petit patapon, moi aussi, j’ai des tiques.
— Revenons aux choses sérieuse, les Russes
— Oui, les Russes…
— Je ne sais plus trop quoi en penser
— Moi non plus.
— Vous ne pensez pas qu’il vaudrait mieux en rester là.
— Vous en avez assez de discuter ?
— Cela n’est pas impossible. Russes, pas russes… Je ne sais plus où cela nous mène. La tête me tourne.
— On pourra continuer cette discussion plus tard. Etes-vous d’accord ?
— Oui, entièrement d’accord. J’ai été ravi de discuter avec une personne aussi intelligente que vous.
— Moi aussi.
— Au fait permettez-moi de me présenter : Vladimir Letvinoff !
— Enchanté ! Léonid Tobovitch !
RIDEAU
P-S  D’autres versions sont disponibles, en remplaçant Russe par Arabe, par Juif ou par Ecolo. Quelques petits ajustements suffisent.

En voiture Simone 18 mars, 2010

Posté par walterlewino dans : CULTURE , ajouter un commentaire

simoneveil.jpg
Simone Veil essayant le 13e fauteuil de l’Académie Française

Le Tigre 13 mars, 2010

Posté par walterlewino dans : CULTURE , 2 commentaires

C’est un journal qui se prétend curieux alors qu’il est surtout bizarre. Tout ce qu’on aime. Il parait tous les quinze jours, il est donc bi-mensuel ou bi-hebdomadaire, on s’y perd. Puristes éclairez-nous.
Pour deux euros et demi vous le trouvez chez les bons libraires et dans la plupart des kiosques.
Si je vous en parle c’est parce qu’il publie dans chaque numéros de mes gravures détournées. Comment dire mieux la qualité de son inspiration.
Sa tigresse se nomme Laetitia et son tigre royal Raphaël.

Le NVF 

Curé(e) au Nigeria 10 mars, 2010

Posté par walterlewino dans : CULTURE,POLITIQUE , 3 commentaires

tutu.jpg
De la difficulté d’être catho et black exposée à Kouchner

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