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348 Le psy qui fait pschitt ! 7 février, 2009

Posté par walterlewino dans : CINEMA,POESIE-LITTERATURE , trackback

Sandra sonne à la porte d’un appartement de type bourgeois.
La porte s’ouvre sur Musnik. La cinquantaine, petites lunettes cerclées, le front haut, le cheveux ébouriffé, l’œil légèrement exorbité. Une bonne tête d’illuminé. Le parfait portrait du psychanalyste tel que le cinéma l’a figé pour l’éternité hollywoodienne.
Musnik a l’air perdu. Ah oui ! En effet ils avaient rendez-vous. Il fait signe à Sandra de pénétrer. Il lui demande de l’attendre dans l’entrée qui est complètement vide et disparaît dans son bureau en laissant la porte entrouverte.
Le temps se passe. Sandra s’impatiente, puis s’inquiète. Elle se décide à jeter un coup d’œil par la porte entrouverte. Elle n’y aperçoit personne. Le siège où Musnik d’ordinaire s’installe est vide, de même que la chaise derrière le petit bureau Henri II.
Elle hésite, quand on entend la voix de Musnik dire : « Je suis prêt, docteur. »
Sandra entre dans le bureau où on aperçoit Musnik allongé sur le divan les yeux mi-clos qui fait signe a Sandra de prendre place sur le siège qu’il occupe d’ordinaire.
Après quelques hésitations Sandra s’exécute.
Aussitôt Musnik commence à débiter sa litanie d’enfant malheureux étouffé par les femmes qui le surprotégeaient : sa yiddish mama, sa tante et sa grand-mère. Ainsi quand on s’est aperçu qu’un de ses testicules n’était pas descendu dans sa bourse et que les trois bonnes femmes  s’affairaient sur son petit organe alors que son père n’était même pas au courant.
Sandra ne comprend pas ce qui se passe. D’ordinaire c’est elle qui est allongée et qui parle. Elle se demande s’il s’agit d’une marche normale de son parcours psychanalytique. Le patient à la place du praticien  et le praticien à la place du patient. Elle s’en ouvre à Musnik qui ne l’écoute pas et continue à s’étendre sur son histoire de testicule et sur la terreur qu’il avait que son père fût au courant. Puis il poursuit sur la peur des femmes qui ne l’avait jamais quitté depuis, sur son sexe dépourvu de prépuce, sur ses éjaculations précoces qui le plongeaient dans des abîmes d’angoisse. Il la remercie pour sa présence, pour son attention, pour sa neutralité bienveillante. Enfin il peut lui avouer qu’il en est un peu amoureux d’elle  « Transfert classique, n’est-ce pas docteur ? »
Musnik ne cesse de considérer que c’est Sandra la psy et lui le patient.
Il est évident qu’il ne s’agit ni d’un jeu ni d’une démarche psychanalytique normale. À force d’écouter ses patients Musnik a pété les plombs et s’est pris pour l’un deux. C’est peut-être ça, en effet, le vrai transfert.
Une fois la séance terminée, Musnik s’extrait lentement du divan, secoue sa tête, semble reprendre ses esprits, met la main à sa poche, en sort deux billets de cinquante euros, va les poser sur le bord du bureau devant une Sandra ébahie, prend son manteau et se dirige vers la sortie en déclarant : « Bon, ben, docteur, merci, à la semaine prochaine. »
On entend la porte qui se claque pendant que Sandra tétanisée  contemple les deux billets de 50 euros.
—FIN—
To ten fingerss

Thetime Ontime

QU’EST-CE ?
Aucun rapport avec le texte précédent.
A votre tour d’entrer dans le jeu en légendant cette image à votre façon
cordecloche600.jpg
Sonneur de cloches refusant de prêter sa corde à un suicidaire

Commentaires»

  1. CRETINE

    Une ludologue de ton acabit qui ne comprend pas une astuce du NVF, voilà qui étonne

    To ten fingers est un rébus français traduit en anglais
    Quand tu auras trouvé Your Roof

    W

  2. Le jeune Kouchner frappant le bedeau qui refuse de lui payer pour l’étude qu’il a consacrée à la sexualité des fidèles.

    To ten fingers, cher NVF

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