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189 A la niche ! 1 septembre, 2008

Posté par walterlewino dans : CINEMA,SOCIETE , trackback

C’est un petit bourg Bourian, Cazals, son jeune médecin inspiré, Pierre Mage, décide dieu sait pourquoi et sans réelle compétence, de lancer un festival de Cinéma dans son bled. C’était il y a un quart de siècle. Dès le départ cela relève de la bricole et de la grande fantaisie, d’autant qu’il s’agit de projections de plein air. Le site d’un village voisin, Gindou, est retenu pour l’opération, grâce à sa petite place bornée par un mur du grange où sera tendu un simple drap de lit en guise d’écran, et aussi peut-être pour utiliser une salle des fêtes fraîchement construite et dont les 265 habitant du bled ont rarement l’usage.
Réussite totale et inattendue. Même si les courts métrages projetés le jour dans la salle des fêtes relèvent plus du cinosh expérimental que du téléfilm sauce TF1. C’était à la fois intello tendance tiers-mondiste et champêtre façon quercynoise. Du romantisme à l’état pur.
Chaque année le succès va grandissant. Au bout de dix ans notre toubib inspiré cède la place à des jeunots venus des facs de Toulouse et de Paris (section cinéma) peut être moins inspirés mais infiniment mieux organisés
Le Festival de Gindou a peu à peu construit sa petite place au soleil du cinéma méridional : édification d’un amphithéâtre de 700 places, salle mobile et couverte en cas de pluie, gigantesque restauration, innombrables conférences et discussions. Du travail de pro. Le beau catalogue édité à cette occasion témoigne de la richesse et de la grande qualité de la sélection.
Le catalogue, parlons-en. C’est là qua le bat blesse. Pas une seule fois le nom de notre cher Pierre Mage, souvenez-vous c’est l’unique créateur, l’inspiré, eh bien pas une seule fois son nom ne figure dans les soixante pages de papier glacé où en revanche se succèdent une demi-douzaine de tribunes offertes à des gens, importants sans doute, mais qui n’en ont rien à secouer du septième art, dans l’ordre, le préfet, le président de la région, celui du conseil du département, celui de la communauté de commune, sans compter le maire du coin (265 habitants)
Inutile de préciser que notre pauvre toubib n’est invité à aucune des cérémonies officielles et interdit de discours. Allez, couché ! l’inspiré, salle bête, à la niche ! Place aux gens sérieux.. Que lui chaud il est maintenant psychiatre et exerce du côté de Bordeaux.

Tout cela n’est pas très nouveau. Voyez le Club Med lancé en 1950 par un charmant couple de naturistes belges, Didy et Gérard Blitz, rapidement rejoints par un ex pied-noir communiste, Gilbert Trigano, il est tombé depuis dans le giron du groupe Accord avec la complicité d’un Giscard d’Estaing..

Même topo pour la Fnac créée à peu près vers la même époque par deux trotskards rescapés de la guerre d’Espagne et qui maintenant a été avalée par ce morfal de François Pinault.

Même topo encore pour Nouvelles Frontières qui voient le jour quelques années plus tard grâce à un petit militant chrétien de gauche et qui au dernières nouvelles feraient le bonheur financier du groupe allemand Preussag.
Retopo avec « Libé ». Créé en 73 par un groupe de rigolos maoïstes, pris en main par le plus sérieux d’entre eux, Serge July, après bien des tâtonnements (commentaires des clavistes, petite annonce gratuites et obligatoires, polémiques à en perdre haleine, tout ce qu’on aime), un Rothschild se l’est offert en douceur

Normal. Les poètes de gauche créent et les réalistes de droite récupèrent. Telle est la règle même du capitalisme

Thetime Ontime

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Eric Woerth partant chercher des finances pour renflouer les caisses de l’Etat

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